Education & Mouvements Sociaux / Lons-le-Saunier & Jura

Lons-le-Saunier : Halte à la casse de l’école publique

Manifestation à Lons-le-Saunier mardi 31 mars pour dénoncer la casse de l'école publique

Manifestation à Lons

Mardi 31 mars, à Lons-le-Saunier, la mobilisation intersyndicale de l’Éducation nationale n’a pas seulement rassemblé : elle a posé des mots clairs, assumés, sur une colère qui ne faiblit pas. Sur la place de la Liberté, devant plusieurs dizaines de manifestant·es, la déclaration lue au micro a fixé une ligne : défense inconditionnelle de l’école publique, refus frontal de son affaiblissement.
« Merci à tous les enseignant·es, parents, AESH, personnels de la vie scolaire pour votre présence ici. Toutes et tous, nous sommes unis par un même objectif : un service public d’éducation solide, garant de bonnes conditions d’apprentissage pour les enfants et de bonnes conditions d’enseignement. Et ce, sur l’ensemble du territoire. »
Dès les premières phrases, le ton est donné. La mobilisation locale s’inscrit dans un mouvement plus large. Dans les villages comme dans les villes, enseignants, équipes éducatives, parents et élu·es s’organisent, signent, interpellent. «Toutes et tous viennent dire leur attachement à ce bien commun qu’est l’école publique. Mesdames et messieurs les responsables, entendez-les!»

Un logique budgétaire contestée de front

L’appel du 31 mars s’inscrit dans un mouvement national à l’initiative de la FSU, avec la CGT et SUD, contre un projet de suppression de près de 4 000 postes.
À l’échelle locale, une dissonance est relevée : l’absence de l’UNSA à cette mobilisation départementale, malgré l’affichage d’une unité nationale. « Nous regrettons cette incohérence », glisse la prise de parole, sans s’y attarder davantage.
Car l’essentiel est ailleurs. Ce sont bien les choix budgétaires qui sont visés. « Depuis des mois, notre organisation dénonce des décisions qui s’appuient sur la baisse démographique pour justifier des suppressions d’emplois. Cet argument ne tient pas. »
Sur le terrain, les constats convergent et s’accumulent : « L’Éducation nationale ne va pas bien. Les besoins d’accompagnement, pédagogiques comme psychologiques, augmentent. Le service public est déjà exsangue. La souffrance au travail progresse. »

Dans le Jura, une traduction concrète

Dans le département, ces orientations prennent corps : 10 postes supprimés dans le premier degré. À la clé, jusqu’à 25 fermetures de classes pour seulement 10 ouvertures.
Le déploiement des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) cristallise également les critiques. « Ce dispositif va dégrader la gestion des situations d’exclusion et laisser sur le bord du chemin trop d’élèves », alertent les syndicats. Ils pointent aussi le retrait de neuf postes supplémentaires, au détriment des écoles et des RASED, pourtant essentiels en matière de prévention.
Manque de remplaçants, inclusion sans moyens, réformes imposées : autant de réalités déjà connues, mais qui, mises bout à bout, « dégradent le fonctionnement des classes, des équipes et des établissements ».

Un choix de priorités assumé ?

Le propos se fait plus politique encore lorsqu’il établit un lien direct entre budget et orientations nationales : « L’école paie un lourd tribut, à l’heure où, pour la première fois, le budget de la Défense dépasse celui de l’Éducation nationale. »
Une lecture assumée comme telle. « Ce budget 2026 est austéritaire. Il tourne le dos aux ambitions émancipatrices de l’École et aggrave la souffrance de toutes et tous : enseignant·es, AESH, AED, élèves. »

L’alternative revendiquée

Pour les organisations, la baisse démographique pourrait être une opportunité — non pas pour réduire les moyens, mais pour améliorer les conditions d’enseignement : classes moins chargées, accompagnement renforcé, meilleure prise en compte des besoins des élèves.
« Il est temps d’investir dans l’Éducation, dans l’Enseignement supérieur et la Recherche, dans la jeunesse. Il est hors de question de laisser nos enfants sur le bord du chemin. »

Le message vise aussi l’échelon local. Les syndicats appellent les cadres de la DSDEN à « faire entendre la voix du terrain » et à ne pas appliquer « de manière zélée » les orientations ministérielles. Ils demandent l’abandon des PAS et le maintien des moyens dans toutes les écoles.

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Une mobilisation qui s’installe

La journée du 31 mars ne constitue pas un point d’aboutissement, mais une étape. Dès le lendemain, un nouveau rassemblement est prévu devant l’inspection académique, à l’occasion du CSASD.

A l'occasion du CSASD, mercredi 1er avril, à nouveaux des parents se sont mobilisés et se sont retrouvés avec les représentants de la Fsu devant l'inspection académique de Lons le Saunier. Ces parents étaient venus remettre à l'inspecteur les pétitions collectées. De légers bougés ont été accordés lors de cette instance, mais il y a toujours 19 classes touchées par une fermeture de classe et ces 9 postes pour les PAS.

La dernière manche aura lieu mardi 7 avril après-midi à la préfecture. Des parents restent mobilisés. Rendez-vous est donné mardi 7 à 14h devant la préfecture pour se faire entendre.

« Ensemble, continuons à dénoncer les conséquences désastreuses de ce budget. »
À Lons-le-Saunier, la mobilisation s’installe dans la durée. Elle entend désormais peser, non seulement dans la rue, mais aussi dans le débat public.
Et rappeler, avec insistance, une exigence qui dépasse les seuls cercles militants : celle d’une école publique à la hauteur de ses promesses.

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