Présenté comme
une réponse à la crise agricole, ce texte ne répond pourtant ni à la crise du revenu paysan, ni
à la dépendance aux intrants de synthèse, ni aux défis de l'adaptation climatique.
Déposé le 8 avril 2026 et adopté en première lecture à l'Assemblée nationale, le projet de loi
est désormais transmis au Sénat, avec une séance publique annoncée à partir du 29 juin. La
majorité sénatoriale profite de son examen pour réintroduire l'usage dérogatoire de
l'acétamipride, mesure phare de la loi Duplomb qui avait largement mobilisé contre elle en
2025 !
Cette loi d'urgence ne s'attaque pas aux causes structurelles de la crise agricole : prix
insuffisants, répartition injuste de la valeur, concentration des aides, fragilité des fermes face
au dérèglement climatique et manque d'accompagnement vers des systèmes plus
autonomes et résilients. Au contraire, elle ouvre de nouvelles brèches au profit d'un modèle
agro-industriel à bout de souffle : déblocage facilité de projets contestés de stockage de l'eau,
absence de protection des captages d'eau potable face aux pollutions, affaiblissement de la
protection des zones humides, et autorisations démesurées de tirs sur les loups, y compris
dans les parcs nationaux.
Cette loi prétend défendre la souveraineté agricole, mais il n'y a pas de souveraineté durable
sans eau préservée, sans sols vivants, sans biodiversité, sans revenu digne pour les
agriculteurs et agricultrices et sans débat démocratique sur l'avenir de nos territoires.
Protéger l'agriculture ne peut pas signifier accélérer l'accaparement de l'eau, fragiliser les
normes environnementales ou marginaliser les alertes des associations, des scientifiques et
des citoyens mobilisés.
Le 27 juin à Morteau, nous affirmons qu'une autre voie est possible : celle d'une agriculture
paysanne, rémunératrice, sobre en intrants, adaptée au climat qui se modifie, et protectrice
de l'eau, des sols, des zones humides, de la biodiversité et de la santé publique. L'urgence
agricole est réelle ; elle appelle des réponses justes, écologiques et sociales — pas un
nouveau recul au service de l'agro-industrie.
RENDEZ-VOUS POUR UN RASSEMBLEMENT FESTIF ET REVENDICATIF LE SAMEDI 27
JUIN À 11H À LA GARE DE MORTEAU À L’APPEL D’UN LARGE COLLECTIF INITIÉ PAR
DOMINIQUE VOYNET, DÉPUTÉE DU DOUBS, MEMBRE DU GROUPE ÉCOLOGISTE ET
SOCIAL, RASSEMBLANT LES ORGANISATIONS ASSOCIATIVES NATURALISTES ET
AGRICOLES SUIVANTES :
- la Ligue de protection de Oiseaux (LPO) Bourgogne-Franche-Comté,
- Terre de Liens Bourgogne Franche-Comté,
- France Nature Environnement (FNE) Bourgogne Franche-Comté,
- Conservatoire des Espaces Naturels (CEN) de Franche-Comté,
- la Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, du
Sous-sol et des Chiroptères de Franche-Comté (CPEPESC),
- la Confédération Paysanne du Doubs-Territoire de Belfort,
- les amis de la confédération paysanne du 25-90,
- le Syndicat Apicole du Doubs,
- l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) du Doubs,
- le Pôle Grands Prédateurs,
le collectif Pour la Préservation des Paysages du Massif Jurassien (PPMJ),
- Générations Futures Grand Besançon,
- le collectif de sauvegarde du marais de la Tranche,
- l’association de protection du Val du Drugeon (APVD),
- Pays de Salins Environnement