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« Que nous est-il arrivé ? », c’est ainsi que s’ouvre le livre et c’est également ainsi que son auteur débuta son intervention. Le sujet n’était en effet pas réellement la montée de l’extrême droite institutionnelle mais bien plus le climat et le niveau du débat politique et médiatique qui a permis cette montée. L’accent fut notamment mis sur les mots simples utilisés par l’extrême-droite pour s'installer dans les discours et dans les esprits, et la récente reprise du concept complotiste et raciste de “grand remplacement” par une grande partie de la droite s’ajoutant à de nombreux exemples historiques de rhétoriques simples en apparence ayant accompagné des projets politiques mortifères.
C’est ensuite une énumération des différents visages que prend l’extrême droite en France et dans le monde, de Poutine en Russie aux mollahs iraniens en passant par le régime colonial israélien. « Ce n’est pas du folklore, il y a des cimetières derrière », rappelle Edwy Plenel en renouvelant sa mise en garde contre l'utilisation jusqu’en France du terme « séparatisme », terme colonial visant à exclure une partie de la population de la communauté politique. Cette accusation en séparatisme a d’abord visé la communauté musulmane, puis les mouvements écologistes et récemment la Ligue des Droits de l’Homme, illustrant une dérive répressive et liberticide d’un gouvernement se disant pourtant libéral.
La soirée s’est conclue avec un temps de questions/réponses très centrée sur ce que chacun et chacune peut faire à son niveau pour lutter contre l’extrême-droite et lui faire barrage autrement qu’en votant pour le moindre mal. Ce fut l’occasion pour Edwy Plenel de saluer la création de la NUPES, bien que tardive selon lui, et d’appeler les forces de gauche à continuer cette dynamique d’union plutôt que de céder aux stratégies individuelles en vue des prochaines élections.