1er mai: Manifestation à Lons-le-Saunier
Ce jeudi 1er mai, environ 550 personnes se sont rassemblées à 10h30 place de la Liberté à Lons-le-Saunier, répondant à l’appel des organisations syndicales et politiques pour célébrer la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses.
Après plusieurs prises de parole des syndicats, la mobilisation s’est élancée en cortège dans les rues de la ville, portée par la présence de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la CNT, ainsi que de partis politiques de gauche : LFI, PCF, NPA, Les Écologistes et le PS. Une diversité d’organisations réunies autour d’un mot d’ordre commun : défendre les droits sociaux et refuser les reculs.
Car le 1er mai n’est pas une date comme les autres. Seule journée fériée obligatoirement chômée et payée, elle est le fruit de décennies de luttes ouvrières à travers le monde, aujourd’hui célébrée dans 163 pays. Une conquête sociale arrachée de haute lutte il y a plus d’un siècle, et récemment remise en cause. Il y a quelques jours encore, une tentative portée par les macronistes, avec le soutien de la droite et de l’extrême droite, visait à contraindre 1,4 million de salariés à travailler ce jour-là. Une offensive finalement repoussée, que les manifestants ont tenu à marquer comme une victoire.
Mais au-delà de cette défense, la mobilisation a porté des revendications larges et profondément ancrées dans le quotidien. La vie chère, d’abord, reste au cœur des préoccupations. Alors que les prix de l’énergie flambent, les salaires stagnent et n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2020. Les inégalités, notamment entre les femmes et les hommes, persistent. La pauvreté progresse, particulièrement chez les jeunes, pris dans un engrenage de précarité : contrats courts, stages sous-payés, intérim, chômage. Les étudiants ne sont pas épargnés, avec un coût de la vie en hausse de 30 % sans revalorisation des bourses.
Dans le même temps, les dividendes explosent et les aides publiques aux entreprises atteignent des sommets – 211 milliards d’euros par an, sans conditions ni contreparties. Une situation dénoncée avec force dans les prises de parole. Les revendications sont claires : augmentation des salaires, des pensions et des aides sociales, indexation sur les prix, conditionnement des aides publiques, sanctions contre les entreprises qui discriminent, blocage des prix de l’énergie et réinvestissement massif dans les services publics.
Ce 1er mai a aussi été marqué par une dimension internationale. Les manifestants ont exprimé leur solidarité avec les travailleurs et travailleuses sous les bombes, en Ukraine, en Iran, au Liban, en Palestine ou encore au Soudan. Une dénonciation des logiques de guerre et des puissances qui les alimentent, au détriment des peuples. Derrière ces conflits, ce sont aussi les conséquences sociales qui frappent : inflation énergétique, budgets publics détournés vers l’armement, services publics affaiblis. Face à cela, les organisations appellent à un engagement clair pour la paix, le désarmement, et la défense du droit international.
L’enjeu écologique s’est également invité dans les revendications. Pour les manifestants, il n’y a pas de justice sociale sans transition environnementale. Ils exigent que les richesses produites servent à financer une économie durable, à sortir de la dépendance aux hydrocarbures, à relocaliser la production et à réduire le temps de travail grâce aux progrès technologiques.
Enfin, la mobilisation s’est inscrite dans un contexte local tendu. La semaine dernière, le domicile d'une militante pour la cause palestinienne a été attaqué en pleine nuit par une quinzaine d'individus se réclamant de mouvances fascistes. Un acte qui a suscité une vive émotion et une condamnation unanime. Lors de la manifestation, syndicats, associations et partis ont réaffirmé leur soutien et leur détermination à ne pas céder face aux intimidations. « La peur ne fera jamais taire celles et ceux qui se battent pour la justice sociale et la démocratie », a résumé un intervenant.
Dans ce climat, le 1er mai à Lons-le-Saunier a pris une dimension clairement antifasciste. Refus du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme et des LGBTphobies : autant de combats portés dans la rue, face à une extrême droite qui prospère sur les crises.
S’inscrivant dans la tradition populaire des crieurs de rues, les crieureuses, le long du théâtre, face au cortège, ont donné voix aux messages écrits déposés par les manifestants dans leur boîte. Tour à tour, elles ont lu ces petites phrases courtes, percutantes, parfois drôles, souvent mordantes, comme par exemple : « je veux faire grève, pas être exploité » ou « Free Palestine », révélant au fil des lectures les colères, les espoirs et les revendications exprimées par les participant·es du 1er mai à Lons-le-Saunier.
Cette journée a réaffirmé une détermination intacte à ne rien céder. À Lons comme ailleurs, le message est limpide : les droits sociaux se défendent et se gagnent dans la mobilisation.
Dans la rue, une certitude s’impose : face aux reculs sociaux, aux logiques de guerre et aux offensives réactionnaires, le monde du travail continuera de relever la tête — pour imposer des perspectives de paix, d’égalité et de liberté.